Shamy Chemini à la Dépêche de Kabylie 20/11/2007 - «C’est notre devoir de produire»
L’infatigable Shamy, après une carrière musicale et artistique des plus brillantes au sein du groupe Abranis ne cesse d’égayer le monde de la littérature kabyle avec ses productions. Après une entrée réussie dans le monde littéraire aux débuts des années 90, il se consacre à la littérature kabyle. Tout en essayant d’apporter toujours plus et l’emmener vers d’autres horizons, Shamy perpétue avec son savoir et sa volonté de fer les traditions, jadis orales en les transcrivant pour l’éternité. Sa dernière production sera sur les étals des librairies, une aubaine pour les amoureux des livres bilingues, kabyle et français, d’apprécier les fruits d’un travail de longue haleine.Pourquoi avez-vous choisi le thème de Timucuha, (contes) pour écrire ? Vos contes sont-ils des histoires racontées ou sont-ils des histoires inventées ?
Sur les douze contes que je viens d’écrire, une bonne partie sont des contes traditionnels. Les autres sont ma création comme « Yuva »… Le fil conducteur du conte est un enfant qui a un quiproquo avec le responsable du village. Il a quitté le village pour décider de vivre seul. Il est parti vivre dans la montagne avec les animaux. C’est une histoire d’amitié entre ces animaux et l’enfant.
Ces animaux sont-ils connus dans la vision et la mythologie kabyles ?
Moi je ne sors pas du monde et de la vision de la Kabylie. Par ce que l’universalité, il faut partir de soi pour aller à l’infini. Il faudrait que chacun donne sa part pour que nous puissions nous élever tous ensemble. […] J’ai pris Timucuha, parce que je perpétue notre mémoire, notre histoire et si elles nous sont parvenues à ce jour, c’est grâce à l’oralité, incontournable. Cette oralité, nous devons la rendre écrite, c’est notre devoir de le faire.
Un dernier mot ?
L’avenir, c’est les enfants, c’est de notre devoir de produire pour eux.
Extraits des propos recueillis par Mohamed Mouloudj
